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L'orgue

Casavant, Opus 26/1034, 1891/1924/1991
4 claviers manuels et pédalier / 4 manuals and pedal
90 jeux / stops, 122 rangs / ranks, ~7000 tuyaux / pipes
Traction électro-pneumatique / Electro-pneumatic action
Les vitraux de la basilique

Pour souligner les fêtes du centenaire de Notre-Dame en 1929, le curé Olivier Maurault voit à la réalisation de nouveaux vitraux de la basilique pour lesquels il amasse les fonds nécessaires. Il décidera lui-même de la thématique des vitraux du rez-de-chaussée, évoquant la vie religieuse et sociale du temps de Ville-Marie. L'artiste québécois Jean-Baptiste Lagacé en dessinera les cartons. Les vitraux seront réalisés à l'atelier de Francis Chigot à Limoges, en France.
Vitrail de 1929 commémorant la première messe dite à Montréal.

Construction de la Basilique Notre-Dame

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Rosace



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La basilique
Bien que datant du XIXe siècle, la basilique Notre-Dame de Montréal est la digne descendante des grandes cathédrales du Moyen-Âge. Comme Chartres ou Notre-Dame de Paris, elle fut érigée par la ferveur et la piété populaires. Sa construction s'étala sur de nombreuses années et refléta le talent et l'inspiration des artistes et des artisans du temps. Comme ses consoeurs européennes, elle fut le centre de la vie religieuse et culturelle. Sa silhouette élégante domina la ville pendant longtemps.
Aujourd'hui, malgré les grands édifices qui l'entourent, la basilique Notre-Dame conserve toute sa majesté d'antan. Ses deux tours jumelles s'élèvent au-dessus de la place d'Armes, au coeur du Vieux-Montréal.
L'histoire de la paroisse Notre-Dame remonte aux origines de Montréal, fondée en 1642 par Paul de Chomedey de Maisonneuve. Jusqu'en 1659, les fidèles se rassemblent dans une modeste chapelle en bois. Elle est desservie par les Jésuites jusqu'en 1657, date de l'arrivée des Sulpiciens à Ville-Marie (Montréal) qui prennent en charge la paroisse. On construit ensuite une autre chapelle, attenante à l'Hôtel-Dieu, le premier hôpital de la ville.
Une église en pierre est construite en 1672 et 1683. Elle était située en plein centre de l'actuelle rue Notre-Dame. Vers 1800, faute d'espace, Beaucoup de paroissiens doivent entendre la messe sur le parvis. Il est question de reconstruction mais ce n'est qu'en 1823 que les marguillers approuvent les plans de l'église actuelle. De cette église de style baroque, il ne reste que le maître-autel, attribué au sculpteur Louis Quévillon, qui orne maintenant la chapelle Sainte-Marguerite-d'Youville dans la basilique.
Construite entre 1824 et 1829, la basilique Notre-Dame est l'oeuvre d'un architecte irlandais et protestant, James O'Donnell. Établi à New-York, il jouissait alors d'une excellente réputation en matière de style gothique. Décédé en 1830, O'Donnell n'eut pas le plaisir de voir son oeuvre achevée. Mais s'étant converti au catholicisme avant de mourir, il peut être enterré sous la basilique. L'emplacement est indiqué par une plaque en marbre.
L'architecte John Ostell termina la construction des tours. La première à être complétée, en 1841, fut la tour ouest, baptisée « Persévérance » et haute de 63 m, qui loge le gros bourdon. Cette célèbre cloche d'airin, surnommée « Le Gros Bourdon » et appelée « Jean-Baptiste » pèse 11 263 kg. Elle ne résonne que pour les grandes occasions. La seconde tour, terminée en 1843, appelée « Tempérance », mesure 61 m de hauteur et abrite un carillon de 10 cloches.
À la sobre élégance de l'extérieur succède un fabuleux décor polychrome à l'intérieur. Benjamin-Victor Rousselot, curé de Notre-Dame entre 1866 et 1882, supervise les travaux d'embellissement de l'intérieur du bâtiment, dont la principale inspiration est la Sainte-Chapelle de Paris. Confiée à Victor Bourgeau, le projet de décoration est déposé dès 1869 mais les travaux ne débutent qu'en 1872 et emploient une cinquantaine d'artisans ainsi que la participation des plus grands artistes du temps. Ils seront complétés vers 1880.
La voûte, constellée d'étoiles de feuilles d'or, est percée de trois rosaces en verre peint. Commandés en 1929 pour le centenaire de l'église, les flamboyants vitraux du rez-de-chaussée retracent l'histoire de Ville-Marie et furent exécutés à l'atelier Francis Chigot de Limoges, en France, selon les dessins de Jean-Baptiste Lagacé.
Semblant se découper dans un ciel bleu d'azur, le maître-autel est surmonté d'un retable impressionnant, issus tous deux de l'atelier du sculpteur Henri Bouriché. Dessinée par Bouriché, modifiée par Bourgeau et sculptée en noyer noir, la chaire, réalisée entre 1883 et 1885, incorpore plusieurs statues de Louis-Philippe Hébert, dont celles de Ézéchiel et Jérémie à la base.
Véritable galerie d'art religieux, la basilique Notre-Dame possède un charme tout à fait personnel et irrésistible. Sa beauté et la rechesse de ses ornements n'ont pas d'équivalent.
L'orgue
La musique d'orgue a presque 300 ans d'histoire à la basilique Notre-Dame de Montréal. Le premier orgue, à un clavier manuel et dénué de pédalier, est installé entre 1701 et 1705, année où l'on commence à verser un salaire d'organiste. C'est sur cet instrument que Jean Girard, clerc sulpicien, arrivé de Bourges en 1724, jouera pendant plus de 40 ans. C'est lui qui apportera, en Nouvelle-France, le manuscrit maintenant connu sous le nom de Livre d'orgue de Montréal, le plus important manuscrit connu de musique française au XVIIè siècle. En 1792, la paroisse fait l'acquisition d'un instrument du facteur anglais Holland (2 claviers manuels, pas de pédalier, 7 jeux). Le troisième instrument arrive à Notre-Dame par suite d'un échange avec la paroisse de Nicolet. Il est plus considérable que le précédent puisqu'il possède 23 jeux répartis entre 2 claviers manuels et un pédalier. Il servira jusqu'en 1858, année de l'installation d'un Warren de 20 jeux, instrument dont le devis original comptait 89 jeux répartis entre quatre claviers manuels et pédalier!
En 1885, le curé de la paroisse veut doter l'église du plus gros orgue du pays. Après avoir hésité sur le choix du facteur, le contrat est finalement accordé aux frères Samuel et Claver Casavant qui auront 6 ans pour réaliser le projet. à cette époque, les frères Casavant cherchent à appliquer, à l'orgue de Notre-Dame, les découvertes du Français Albert Peschard. Un des frères se rendra même en Europe pour s'enquérir des derniers développements concernant l'utilisation de l'électricité dans l'orgue. L'instrument de Notre-Dame sera le premier grand quatre-claviers (81 jeux) des frères Casavant. Il sera entendu la première fois, à la messe de Pâques, le 28 mars 1891. Il sera inauguré en mai suivant par une série de trois récitals d'un organiste américain. L'orgue de Notre-Dame n'est cependant pas complètement électrifié: le tirage des jeux et les pédales de combinaisons sont électriques mais l'orgue, à traction mécanique, utilise des machines pneumatiques.
Les frères Casavant eux-mêmes vont apporter des modifications à l'orgue en 1924: électrification et console neuve, ajout de la Bombarde 32' et de la Harpe (qui disparaîtra plus tard); le Positif devient expressif sous l'influence d'organismes éminents dont Marcel Dupré; on ajoute même les sommiers de la sixième octave si bien que les claviers manuels compteront 73 notes. En 1936, on doit remplacer les sommiers originaux puisque la paroisse, dûrement touchée par la crise économique, ne chauffe pas suffisamment la basilique. En 1957, l'Euphone 16' du Récit disparaît au profit d'un Larigot 1 1/3'. On installe la troisième console en 1962 et neuf ans plus tard, les sommiers retrouvent 61 notes et l'on enlève l'expression du Positif. Finalement, en 1991, Casavant Frères apporte de nouveaux changements: ajout d'un combinateur électronique et de huit nouveaux jeux.
Signalons que tous les grands organistes français du XXè siècle (Widor, Vierne, Dupré, Marchal, Litaize, Langlais) ont défilé à la tribune de cet orgue.




c'est une promesse que 