Le premier est la copie d'un vitrail cistercien de l'église abbatiale de Bonlieu dans la Creuse. Celle-ci a été consacrée en 1141 et rattachée à l'ordre de Citaux en 1162.

Le deuxième, représentant un griffon (animal mythologique souvent considéré comme réel au Moyen-Age), est inspiré de vitraux de l'abbatiale de St Denis. Celle-ci, profondément remaniée par Suger (1080?-1151) sera le premier bâtiment de style "gothique", appelé alors art français ou art nouveau.

Ces vitraux ont été choisis pour faire comprendre la dualité qui existe au XIIème Siècle entre deux visions totalement différentes de l'église, défendues par deux figures emblématiques de ce temps, Bernard de Clairvaux (1090-1153) et l'abbé Suger. D'ordre théologique, ces différences vont se ressentir dans l'architecture religieuse toute entière et tout naturellement dans l'art du vitrail.
''albae fiant, et sine crucibus et pricturis''
C'est en 1134 que Bernard de Clairvaux va, lors d'une réunion du chapitre général de l'ordre, poser les bases de l'art cistercien en recommandant la simplicité dans toutes ses expressions. En 1150, une ordonnance stipule que les vitraux doivent être "blancs, sans croix ni représentation". Les motifs géométriques et végétaux deviennent alors les seules possibilités offertes aux verriers d'exprimer leur talent.
"Dieu est lumière"
A l'inverse, Suger, élu abbé de Saint Denis en 1122, va remanier l'abbaye dans un esprit totalement différent, partant du principe que Dieu mérite ce qu'il y a de plus beau. Les vitraux, placés dans un esprit d'enseignement et de glorification, vont largement participer à cette magnificence.
Ainsi, ces deux visions vont trouver dans le vitrail un support que les verriers de l'époque vont conduire à un formidable degré de perfection. Nous sommes très heureux de pouvoir, à notre tour, présenter cet élan culturel et historique à travers ces nouvelles œuvres lors de nos démonstrations.





